Dans ce billet qui résume bien le chemin web par lequel plusieurs personnes de ma tranche d’âge sont passées, mon coloc nous explique sa vision de l’intégration du web dans notre vie de tous les jours. Peu longtemps après suit la réplique du chum à mon ancienne coloc et bonne amie, gérant d’estrade certifié mais intéressant et agréable de conversation tout de même.
Coloc fait parti de la génération Y et affirme qu’internet lui est en quelque sorte maintenant indispensable, surtout quand il est question d’acheter la saison 7 de WestWing. L’autre fait parti de la fin de la génération X, et affirme pouvoir assez bien se passer du web. Il glisse même une allusion sur le fait que pour lui, téléphoner, « C’est plus personnel ». Tout ça me fait penser à une discussion sous un article que j’avais publié sur Facebook, où le camarade Eric Martin a affirmé assez justement qu’ « il faut poser avant tout notre rapport à la technologie et analyser ses effets immédiats et à venir sur la société et la nature ».
Vaste programme. Ça me fait penser à ce vidéo satyrique français, qui aborde la réflexion du buzz et du temps réel.
La question de l’instantanéité créée par la technologie pose une réflexion sociale intéressante. Nos désirs et pensées sont maintenant diffusés et comblés beaucoup plus rapidement. Mettons que je lis à quelque part sur le net que le livre de Twilight est ben le fun. Je peux aller sur un site comme Amazone et me le procurer très rapidement, alors que se déplacer physiquement peut soit entraîner une baisse de motivation à l’acheter, un oubli, ou bien on réalise que finalement au fond ce livre nous intéresse peu. L’espace de distanciation entre les aléas du monde et nos pulsions est donc fortement réduit.
On peut faire le pont en parlant de la question de l’identité numérique, des communautés et des espaces de conversation/rassemblement qui en découle. Coloc nous dit qu’il veut que certaines de ses données restent privées, et il en veut aux pubs ciblées de Facebook qui utilisent certaines informations de la base de donnée de Facebook. J’irai encore plus loin en affirmant qu’il y a d’autres stratégies de marketing qui utilisent les communautés sur les réseaux sociaux. On fait une cartographie de la blogosphère et de ses leaders, on pense en terme de mot-clés sur Twitter et Facebook pour rejoindre et converser avec des gens, etc. Bref, le choix disons, identitaire, de joindre publiquement sur Facebook un groupe sur le plein-air, de mentionner le mot Budweiser sur Twitter ou de parler de théâtre sur son blogue peu faire de nous la cible du marketing 2.0.
C’est clair que le web est un terrain de jeu pour le privé. L’Open source peut faire un contre-poids intéressant tout comme une utilisation politique. Mais bon fondamentalement, les technologies modifient notre lien social. On redéfinit le concept de frontières entre les communautés, on peut parler avec 3 ou 4 personnes à la fois tout en lisant un texte, on développe une mentalité de réseaux, on rejoint plus rapidement les gens, le monde tournoit de plus en plus vite et nous aussi… Bientôt, j’ai l’impression que le futur va nous tomber dessus avant même qu’on ait eu le temps de vivre le présent.
Publié par exovirtuelle